Ouvrant les lourdes portes de bois avec précaution, voulant ainsi éviter d’ameuter la garde royale et de verser le sang pour rien, le jeune et téméraire Prince guida son destrier vers la sortie de l’écurie. Déjà sorti, le jeune Nathan ne prit pas la peine de l’harnaché comme il le fallait. Pourquoi s’encombrer de tant lorsque le voyage n’allait durer que quelques instants? D’un bond, se propulsant sur le dos de la bête, donnant deux coups de talon, l’animal mythique s’envola, sachant sans que le cavalier lui dise où il devait se rendre. L’animal, d’un gris strié d’azur, à l’air farouche mais doux comme un agneau, si, bien entendu, il n’était pas provoqué, était d’une intelligence peu commune à sa race. Ce n’était pas pour rien qu’il était le fidèle destrier du Prince depuis maintenant maintes années. Ainsi donc, ses ailes complètement dépliées, il parti au pas de course avant de s’envoler aussi silencieusement qu’il le pouvait dans une nuit complètement noire, la Lune camouflée par d’épais nuages. Entre ses ailes, s’agrippant tant bien que mal au cou de son ami, le Fils du Roi Alain continuait sa montée vers la tour, construite à même la montagne, qui s’élevait bien au dessus du reste du château. Mais même si loin et sans lumière, il pouvait voir le seul orifice de la Tour, toujours illuminés, flotter si haut dans le ciel. Ainsi donc, la Ravissante jeune dame ne dormait pas encore. Il se surprit même à espérer que sa présence était ce qui la gardait éveillée en haut de ses appartements somptueux, rendant ainsi gloire à sa beauté…Si seulement ça pouvait être vrai…
Et pendant ce temps, dans le lieu qu’avait pour objectif le téméraire Prince, la Princesse, seule, comme à son habitude, toujours dans sa belle robe aux teintes roses, était assise sur son lit. Toujours aussi pensive, elle avait renvoyé, pour le moment, sa bonne, n’ayant aucunement l’envie de se préparer à aller dormir. La fenêtre ouvrir pour laisser pénétrer une douce brise, pour favoriser une remise sur ses pensées. Comment faisait-elle pour autant penser à un homme qu’elle ne connaissait pas, pourquoi en était-elle autant marquée? Elle n’en savait certes rien, mais elle savait toutefois qu’elle était marquée par lui. Comme s’il y avait un lien entre les deux. Un lien si fort, si intense, qu’il ne pourrait jamais se dissoudre, qu’augmenter…Puis, elle entendit un bruit d’aile battant dans le vent…Avec espoir, elle courut à la fenêtre…
Elle vit un majestueux hippogriffe qui volait vers elle…Jusqu’à ce qu’un autre cri, plus haut, se fit entendre. L’un des capitaines, profondément amoureux du physique de la jeune femme, qui l’avait toujours repoussé, possédait, lui aussi, un hippogriffe…Celui du dessus, visiblement, car elle le vit passer tout près de sa fenêtre pour charger l’inconnu, qui, d’un tonneau, parvint à éviter l’autre cavalier. Sortant sa dague, le Prince, chevalier aguerri, avait pris avantage de cette subite charge pour taillader le flanc de l’animal…Croyant avoir vaincu d’un coup son adversaire, il continua de se diriger vers le point lumineux…Jusqu’à ce qu’il ressente une secousse, alors qu’il était juste ou la fenêtre, dont la princesse s’était écartée. Roulant par-dessus son animal, il échoua dans la Chambre Luxueuse de la Princesse. Si belle, si douce, de si près, elle semblait irréellement parfaite… Sourire gêné alors que son ami combattait seul le destrier, il venait d’oublier le temps et le monde entier tant la connectivité était forte…Et il semblait de même pour elle. Ainsi donc, il voulu la saluer, mais seul son cœur parla…
*-Prince Nathan-* Je vous aime…
À Suivre…


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